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ŒUVRES DE Sr CATHERINE

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Face à face avec le Christ

Sœur Catherine

 

L’article de fr. Bernard de Clairvaux, reproduit ci-dessous est paru en septembre 2005 dans le N° 242 de « Feu et Lumière ».

Sœur Catherine s’est « retirée du monde », comme l’on dit. Ermite, elle vit dans une petite maison voisine de l’abbaye de Solesmes et se donne entièrement à Dieu. Sa peinture manifeste avec bonheur toute la profondeur de sa quête spirituelle…

Sœur Catherine nous ouvre la porte avec un doux sourire. Son regard, direct, simple, humble… témoigne d’emblée de la profondeur de sa vie intérieure. Sa vie est celle d’une femme attachée à Celui qui souffrit et se donna par amour pour nous sauver.

« Je cherche ton visage »

La Passion du Christ est son sujet de prédilection, même si l’artiste s’arrête aussi sur la vie de la Vierge Marie, de saint Pierre, saint Paul ou saint Jean-Baptiste… L’ensemble de son œuvre met l’accent sur les visages et se caractérise par la force des regards. Sœur Catherine nous dit combien les yeux sont le miroir de l’âme. Dans le regard, on voit tout. Je concentre tout sur l’expression ; le reste m’importe moins ! Nous retrouvons cette intensité du regard chez saint Jean dans l’Apocalypse à genou devant son Bien-Aimé.

L’une de ses œuvres préférées est ce Ego Sum (Je Suis) que nous pouvons contempler ici. Exceptionnellement ici, le Christ ferme les yeux ! Il garde le silence devant ses bourreaux. Il baisse les paupières sur le mystère d’iniquité et le péché qui nous habitent mais pour lesquels il se livre, humilié, couronné d’épines et vêtu par dérision d’un manteau de pourpre… Les soldats ignoraient qu’ils avaient sous les yeux le Roi des rois, mais sœur Catherine nous avoue : C’est dans sa Passion que je reconnais le mieux la royauté du Christ.

Le visage du Christ revient dans son œuvre comme un leitmotiv, une variation ininterrompue qui rend compte de sa quête spirituelle. Tout va ensemble, ma peinture est la continuité de ma vie d’ermite. J’aime reprendre à mon compte ce verset du psalmiste : « Je cherche ton visage ». Parfois je le trouve, parfois il se cache, comme pour la fiancée du Cantique des cantiques ! Malgré la souffrance, Jésus s’offre ici avec un visage d’une profonde sérénité.

« Ne crains rien »

Plus encore que les visages, l’artiste désire manifester les profondeurs révélées par l’Écriture Sainte. Les tableaux n’ont pas toujours de titre, mais les versets bibliques que nous rencontrons souvent au bas de la toile en tiennent lieu. Ils nous dévoilent les intentions et la contemplation de sœur Catherine. Le commentaire, c’est le texte ! nous dit-t-elle, comme nous le montre cette rencontre magnifique de saint Jean avec le Christ glorieux qui lui dit : « Ne crains rien. Je suis le Premier et le Dernier, le Vivant » (Ap 1, 17). Il est intéressant de reprendre en entier ce verset de l’Apocalypse de saint Jean : « À sa vue, je tombai à ses pieds, mais il posa sur moi sa main droite en disant : Ne crains rien, Je suis le Premier et le Dernier, le Vivant ; Je fus mort, et me voici vivant pour les siècles des siècles. » L’artiste n’oublie donc pas les deux pôles du Mystère Pascal : la mort et la résurrection du Fils de Dieu. De ses tableaux, marqués par la souffrance de Jésus répondant à la souffrance des hommes, émane finalement une grande espérance car l’Agneau est vainqueur du mal et de la mort, non pas dans une gloire tonitruante, mais sous le signe d’une grande tendresse qui imprègne profondément l’ensemble de l’œuvre. N’est-il pas écrit, plus loin dans l’Apocalypse : « Dieu essuiera toute larme de leurs yeux » (Ap 7, 17)

Pour moi, la royauté du Christ se manifeste dans sa Passion.

« Je concentre tout sur l’expression des visages.»

Si sœur Catherine vit « retirée du monde », ce n’est pas pour le fuir, mais pour le porter dans la prière et tâcher d’imiter le Christ dans son amour et sa compassion. Outre les offices et l’Eucharistie, elle peint plutôt l’après-midi, mais son temps est bien rempli par ses ménages au service de l’abbaye de Solesmes et par son aide dans un centre où elle visite les mourants, les personnes âgées et les malades psychiatriques. Je me sens très attirée par leur dénuement et leur solitude. C’est le dénuement et la solitude du Christ…

Contact : Père Rochon, Abbaye de Solesmes, 72300 Solesmes, Tél. 02 43 95 03 08.

Repères biographiques

Née en 1958 à Paris. Rencontre le Christ à 26 ans.

En 1986, découvre l’abbaye bénédictine de Solesmes. Porte un habit bleu depuis qu’elle a prononcé ses vœux de façon publique, comme ermite, en se rendant directement dépendante de l’évêque du Mans.

Depuis 1990, de multiples expositions en France : Paris (Champs-Elysés, Notre-Dame de Pentecôte à la Défense…), Le Mans, Sablé, Poiré-sur-Vie, Solesmes, Le Touquet, Les Sables d’Olonne, Pont-Aven… : toutes les expositions.

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